Le PTB-Go! décerne à Paul Magnette le « Prix Pot de colle » de l'affichage le moins démocratique

Des experts désignés par le PTB-Go! ont établi un classement des dispositifs d'affichage électoral des quatre principales villes du Hainaut. Charleroi arrive en tête de l'affichage le moins démocratique.

Dans certaines villes, l'affichage électoral officiel est le champ d'une véritable guerre du collage. L'impossibilité pour certaines formations politiques de s'assurer une visibilité par ce canal, normalement soumis à règlement communal, pose un problème démocratique.

Suite aux nombreuses dérives constatées, le PTB-Go! du Hainaut a désigné une équipe d'experts bénévoles pour analyser les dispositifs d'affichage électoral des quatre principales villes de la province : Charleroi, Mons, La Louvière et Tournai.

Critères préalables

Les experts sont arrivés à la conclusion que les principaux critères déterminant le caractère démocratique de l'affichage sont les suivants.

  1. Avant tout, il est essentiel d'offrir un espace d'affichage suffisant pour que chaque formation puisse coller un nombre minimum d'affiches (deux affiches étant le minimum absolu).
  2. Par ailleurs, il importe d'édicter - et de faire respecter pendant la campagne - un règlement communal interdisant les surcollages intempestifs.
  3. Un troisième élément est moins important mais peut s'avérer utile : la répartition préalable de l'espace aux différents partis, par exemple en indiquant les numéros de liste au-dessus des panneaux.

Le cas de Tournai

Armés de leurs constatations préalables, nos experts se sont rendus sur le terrain.

Des quatre villes analysées, Tournai est assurément celle qui garantit le mieux un affichage démocratique selon les critères retenus. La ville a consacré un budget conséquent (il est question, dans les médias, d'un montant de 15.000 €) pour assurer à chaque emplacement un espace de collage important.

De plus, l'article 4 de l'Ordonnance de police du 23 avril 2014 précise :

« Des emplacements sont réservés par les Autorités communales pour l’apposition d’affiches électorales. Ces emplacements sont répartis de manière égale entre les différentes listes. Il est interdit d’apposer une affiche dans le non-respect de la répartition précitée. Le surcollage est strictement interdit. »

Le cas de Charleroi

À l'inverse de Tournai, la situation de l'affichage à Charleroi pose de gros problèmes démocratiques, Mons et La Louvière se trouvant en position intermédiaire.

Le manque d'espace d'affichage à Charleroi est flagrant. Le règlement communal prévoit « une surface d’affichage par parti représenté aux Assemblées visées par les Elections et deux surfaces pour les autres. » En clair : deux tiers de l'espace est accordé aux quatre partis traditionnels (PS, cdH, MR, Ecolo) et à peine un tiers aux autres listes (19 pour les élections fédérales dans le Hainaut, même si toutes n'impriment pas des affiches).

Cette répartition est antidémocratique en soi et la conseillère communale PTB Sofie Merckx avait d'ailleurs déposé, en vain une motion pour rééquilibrer la situation. Mais la situation est encore pire dans la pratique, puisque la taille des panneaux est variable selon les endroits et que, dans certains cas, cette taille n'est que de deux à trois mètres de longueur. L'ensemble des partis sans représentation parlementaire sont donc censés se partager un tiers de cet espace minuscule.

Un autre (gros) souci vient se greffer sur cette situation : le surcollage intempestif. On peut affirmer sans exagération que le collage électoral sur la ville est régi par la loi de la jungle. Nos experts estiment que dans un grand nombre de cas, le temps de survie d'une affiche ne dépasse pas... une demi-heure.

Or, force est de constater que les principaux auteurs de ce surcollage intempestif sont les équipes du MR et du PS, deux partis de la majorité communale. Ces partis ne respectent donc même pas leur propre règlement antidémocratique.

Illustrations photographiques (Charleroi)

Voici quelques illustrations photographiques de la situation à Charleroi.

Les photos 1 et 2 ont été prises à Gilly. Elles montrent une configuration d'affichage qui se limite à ces deux panneaux de taille modeste. Le premier panneau a été totalement surcollé par le PS. Le second est partagé entre le MR, le PS, et le cdH.

Conclusion : le PS occupe 2/3 de l'espace disponible, le MR et le cdH occupent le 1/3 restant. Ecolo et les partis sans représentation parlementaire sont totalement absents ou, plus justement, présents dans les couches non visibles de l'affichage.

Les photos 3 et 4 ajoutent au surcollage intempestif une touche originale de la part des équipes de colleurs du PS : l'appropriation de mot d'ordre. Ainsi, sur la photo 3, les slogans des affiches PTB-Go!, « Chasser le chômage, pas les chômeurs » et « Combattre la pauvreté », ne sont pas surcollés. Seul l'est le sigle du parti, occulté par l'affiche du candidat PS Jean-Luc Vandroogenbroeck, qui fait donc siens les revendications de la formation concurrente.

Même cas de figure à la photo 4, qui montre la candidate PS Maria-Rosa Santoro s'approprier, par la voie d'un surcollage calibré, le slogan « Les gens d'abord, pas le profit » figurant sur l'affiche de Marco Van Hees, tête de liste PTB-Go! pour la Chambre.

La photo 5 montre un panneau réparti en six parties. En vertu du règlement (antidémocratique), les quatre partis traditionnels sont censés occuper quatre parties. Mais quatre parties sont occupées par seulement deux partis, MR et CdH. Le PS respecte ici la place qui lui revient réglementairement. Il reste donc un seul panneau (la moitié de l'espace réglementaire) pour les plus petits partis. Et il ne leur resterait rien si Ecolo occupait l'espace qui lui revient.

Les photos 6 et 7 montrent que le PS surcolle même... le PS. Les colleurs d'Özlem Özen (PS) recouvrent les affiches de Serdar Kilic (PS). Ou quand la lutte des places remplace la lutte des classes.

Conclusion

On constate donc à Charleroi, dans le chef surtout de deux partis de la majorité communale, PS et MR, une conjonction particulièrement pernicieuse entre un règlement discutable, des panneaux totalement inadéquats et des pratiques sauvages de surcollage.

Cette conjonction conduit à un monopole d'affichage qui ne correspond aux valeurs que l'on est en droit d'attendre de ces partis et notamment de celui qui est à la fois bourgmestre de la première ville wallonne et président du premier parti de Wallonie.

Nos experts décernent donc au bourgmestre Paul Magnette le « Prix Pot de colle » de l'affichage le moins démocratique du Hainaut.

Marco Van Hees et Sofie Merckx
1er et 2e sur la liste PTB-Go! pour la Chambre